Réponse courte. Le cahier des charges d’un site médical doit préciser le public, les tâches prioritaires, les contenus, les personnes qui les valident, les intégrations, les exigences techniques, le calendrier et ce qui se passe après la mise en ligne. Il doit aussi distinguer clairement création, hébergement, maintenance et évolutions. Un document de cinq pages bien décidé vaut mieux qu’une liste de fonctionnalités sans responsable ni critère d’acceptation.
Commencer par le résultat attendu, pas par la technologie
« Créer un site moderne » ne permet ni de concevoir ni de vérifier un projet. Commencez par trois à cinq situations concrètes : un nouveau patient doit identifier la pratique, un patient connu doit retrouver le téléphone, une personne à mobilité réduite doit préparer son accès, ou un correspondant doit trouver le bon lieu de consultation.
Pour chaque situation, écrivez l’action attendue et la preuve de réussite. Par exemple : « Sur mobile, l’adresse, le téléphone et le rendez-vous sont accessibles depuis l’accueil sans ouvrir plus d’un niveau de navigation. » Le prestataire comprend alors ce qu’il doit résoudre, et le cabinet sait ce qu’il devra tester.
Définir le périmètre, les sources et les validations
Une liste de pages ne suffit pas. Pour chaque page, indiquez la matière disponible, la personne qui fournit l’information et celle qui la valide. Cette distinction est essentielle lorsque le projet implique plusieurs médecins, plusieurs sites ou plusieurs langues.
| Bloc du cahier des charges | Décision à écrire | Exemple de preuve |
|---|---|---|
| Publics et tâches | Qui vient et pour faire quoi ? | Scénarios prioritaires validés |
| Arborescence | Quelles pages répondent à une intention distincte ? | Plan de site et parcours mobile |
| Contenus | Qui écrit, relit et traduit ? | Matrice page–responsable–échéance |
| Fonctions | Quel agenda, formulaire ou outil tiers ? | Parcours nominal et solution de repli |
| Recette | Quels critères déclenchent l’acceptation ? | Liste de contrôles signée |
| Après lancement | Qui héberge, sauvegarde et modifie ? | Contrat et accès remis au cabinet |
Le cadre médical ajoute une responsabilité éditoriale particulière. La FMH et l’ASSM rappellent que l’information destinée au public doit rester objective, vérifiable et mesurée. Le cahier des charges devrait donc désigner la personne qui valide les titres, qualifications, prestations, informations médicales et formulations promotionnelles avant publication.
Écrire les exigences techniques comme des résultats vérifiables
« Responsive », « optimisé SEO » ou « conforme LPD » sont trop vagues lorsqu’ils ne sont associés à aucun livrable. Demandez plutôt une structure de titres cohérente, une navigation clavier, des contrastes contrôlés, des images dimensionnées, un sitemap, des canoniques et une liste des services tiers réellement chargés.
Pour la performance, Google recommande de viser un LCP inférieur à 2,5 secondes, un INP inférieur à 200 millisecondes et un CLS inférieur à 0,1 au 75e percentile des visites. Ces seuils ne doivent pas devenir une promesse de classement ; ils fournissent un langage commun pour contrôler l’expérience réelle.
Le traitement des données mérite son propre inventaire : champs du formulaire, destinataires, durée de conservation, agenda externe, mesure d’audience et transferts éventuels. Le PFPDT précise que les personnes doivent être informées de manière concise et accessible lorsqu’une collecte de données est prévue. Le prestataire peut mettre en œuvre les choix ; le responsable du cabinet et ses conseils doivent valider le cadre applicable.
- Accessibilité : niveau visé, clavier, contrastes, structure, textes alternatifs et erreurs de formulaire.
- Performance : pages testées, conditions de mesure et budget d’images ou de scripts.
- SEO : intentions, métadonnées, maillage, redirections, sitemap et données structurées pertinentes.
- Intégrations : fournisseur, propriétaire du compte, abonnement, données échangées et solution en cas de panne.
- Mesure : événements réellement utiles, consentement et accès du cabinet aux rapports.
Prévoir la recette avant de commencer la production
La recette n’est pas une visite rapide du site la veille du lancement. Le cahier des charges doit prévoir qui teste, sur quels appareils, avec quelles données et dans quel délai. Les liens, formulaires, numéros, horaires, langues et redirections méritent un contrôle explicite.
Demandez également un inventaire des anciennes URL si le projet remplace un site existant. Une page utile ne doit pas disparaître sans décision : elle est conservée, améliorée, fusionnée avec une redirection ou supprimée pour une raison documentée.
Le lancement devrait produire un paquet identifiable : fichiers ou accès, sauvegarde initiale, liste des redirections, rapport de contrôles, comptes de mesure, responsable du domaine et procédure de demande de modification.
Clarifier la propriété, les coûts récurrents et la sortie
Le devis et le cahier des charges doivent se répondre. Précisez qui contrôle le domaine, l’hébergement, le code, les textes, les photographies, les comptes d’agenda et les statistiques. Les licences ou services tiers doivent apparaître séparément avec leur fréquence de facturation.
Ajoutez enfin une procédure de sortie : format de remise, délai, sauvegarde, export des contenus et suppression des accès du prestataire. Cette clause n’annonce pas une rupture ; elle garantit que le cabinet peut continuer à exploiter un outil essentiel.
Sources primaires et limites
- FMH/ASSM — Information, publicité et mention des titres.
- PFPDT — Devoir d’informer.
- Google Search Central — Core Web Vitals.
- W3C WAI — Web Content Accessibility Guidelines.
Cette trame aide à cadrer un projet web. Elle ne remplace pas une validation juridique, médicale, contractuelle ou de sécurité adaptée au cabinet et au canton concernés.